Qui sommes nous?
Qui sommes nous? Que voulons nous?
Faire entendre une nouvelle voix
Lettre aux adhérents du Parti Socialiste pour tirer les leçons du 29 mai
Les fondateurs
Qui sommes nous?
Que voulons nous?
Au moment où la Gauche est en proie au doute et notre parti
au débat, nous avons fait le choix,parlementaires, élus
et responsables fédéraux, de nous regrouper et de travailler
ensemble, à l'écart des ambitions présidentielles
et avec le seul souci de l'intérêt du PS :
- D'abord pour consolider la ligne politique issue du Congrès
de Dijon et confirmée lors du référendum interne
du 1er décembre. Notre conviction, c'est que sur cette base,
notre parti doit se doter désormais d'un projet politique clair,
novateur et ambitieux qui rejette à la fois le social-libéralisme,
c'est-à-dire le pragmatisme dénué de référence,
et le social-radicalisme, c'est à dire la surenchère
privée de perspectives.
- Ensuite pour alimenter le projet socialiste d'idées et de
propositions cohérentes avec notre engagement réformiste
et européen. Notre but est d'affirmer et de faire entendre
au sein du PS et de sa majorité une nouvelle voix franchement
européenne, franchement sociale et franchement écologiste.
- Enfin pour porter le message d'un parti rassemblé, mobilisé
et modernisé qui tienne compte des dérives déjà
largement perceptibles de la présidentialisation accrue de
nos institutions liée au quinquennat. Nous nous fixons pour
objectifs premiers de préserver et de dynamiser notre parti,
outil privilégié de l'alternance, en veillant en particulier
au strict respect de ses règles de fonctionnement, de la démocratie
interne et de la loi de la majorité qui doit s'imposer à tous pour les orientations politiques comme pour le choix de nos candidats.
les premiers signataires
Faire entendre une nouvelle voix !
L'économie est en panne, l'emploi en recul, la confiance en berne et le Gouvernement en miettes. L'espoir de l'alternance n'a jamais été aussi fort et sa probabilité pourtant si incertaine. La Gauche est en effet en proie au doute et à la division.
A travers le débat sur l'Europe qui traverse les socialistes, c'est toute leur histoire qu'ils revisitent. Faut-il faire le choix de la radicalisation ou celui de la lucidité et de la réforme progressive ? Cette question a été plus d'une fois tranchée, toujours dans le même sens, par Jaurès face à Guesde, par Blum au congrès de Tours ou par François Mitterrand face au Parti communiste. Plus récemment encore à Dijon ou lors de notre référendum interne, quand, en confirmant leur ancrage européen, les socialistes ont réaffirmé leur attachement continu à une gauche du mouvement et de propositions plutôt qu'à une gauche de résistance et de contestation, à une gauche qui va de l'avant plutôt qu'à la gauche d'avant hier. Mériter la confiance populaire ne passe pas par la surenchère mais pas l'affirmation d'un projet clair.
Aussi est-il temps de confirmer sur le terrain des idées et dans le PS la victoire constamment remportée depuis plusieurs années. Il est urgent de donner à la gauche d'aujourd'hui une identité et un projet qui s'affirme et qui s'affiche ; d'exprimer le projet d'une gauche de son temps, explorant les nouvelles voies du changement et de la transformation sociale dans le monde et la société d'aujourd'hui.
C'est pour faire entendre une nouvelle voix que nous avons choisi de nous rassembler ! Pour en finir aussi avec les vieilles manières de faire de la politique, comme celles qui consistent à réclamer un vote pour s'affranchir aussitôt de ses résultats, ou à tenir deux discours, l'un dans l'opposition et l'autre une fois revenu au pouvoir ! Pour contribuer enfin, en nous organisant, à conforter la ligne politique issue du Congrès de Dijon et du vote du 1er décembre, qui ne peut se résumer à l'addition d'ambitions présidentielles, mais doit d'abord s'énoncer dans un projet fait de clarté, d'enthousiasme et de volonté ! Nous disons OUI au choc des idées mais NON à celui des ambitions ! Nous voulons porter le message d'un parti rassemblé, mobilisé et modernisé qui tienne compte des conséquences déjà largement perceptible de la présidentialisation accrue de nos institutions. Nous nous fixons pour objectifs premiers de préserver et de dynamiser notre parti, outil privilégié de l'alternance, en veillant en particulier au strict respect de ces règles de fonctionnement, de la démocratie interne et de la loi de la majorité qui doit s'imposer à tous pour les orientations politiques comme pour le choix de nos candidats.
Faire entendre une voix claire
Notre conviction, c'est que le PS ne restera dans l'ambiguïté qu'à ses dépens. Il doit rompre avec le " social-technocratisme " comme avec le " social-radicalisme " pour se mobiliser autour d'idées claires.
Les idées claires, c'est d'abord faire le choix de l'Europe : c'est-à-dire renoncer à la frilosité et revendiquer ouvertement notre héritage comme notre projet européens. L'Europe est pour nous un choix identitaire parce qu'il est le prolongement de notre engagement internationaliste. Et parce que c'est à l'échelle seule de l'Europe, d'une Europe forte et solidaire, que nous pouvons faire triompher notre projet socialiste. La construction européenne est le seul grand projet politique de notre temps. Il a amené la paix, diffusé la démocratie, préservé un modèle social sans équivalent dans le monde. L'Europe est devenue un espoir secourable pour les peuples opprimés, une aspiration pour ceux qui se libèrent en son nom. Nous n'avons pas le droit d'en interrompre le cours à un moment de l'histoire du monde qui dessine l'émergence de nouvelles puissances économiques, sociales et politiques. Etre socialiste et clairement européen, c'est aussi considérer que si la France a beaucoup à apporter à une Europe désormais élargie, elle a aussi beaucoup à en apprendre !
- Les idées claires, c'est ensuite faire le choix d'une société de l'innovation : la Gauche ne pourra convaincre si, face à la mondialisation, elle n'a d'autres projets que de dresser une sorte de ligne Maginot économique et sociale que les grands courants du monde auraient tôt fait de contourner. Inventons plutôt le modèle de demain, fondé sur un dialogue social vivant et une économie dynamique. Battons-nous pour une économie du savoir ! Combattons les rentes ! Récompensons l'initiative ! En somme, agissons pour donner des moteurs à la croissance sans laquelle aucune solidarité n'est possible.
- Les idées claires, c'est aussi faire le choix de la réforme sociale. Pour des millions de Français, la société s'est bloquée. Soit qu'ils n'arrivent pas à sortir du chômage ou de la précarité ; soit, pour les salariés les plus modestes, qu'ils soient privés de toutes perspectives d'amélioration de leur condition, pour eux-mêmes (à travers la stagnation du pouvoir d'achat et l'absence de promotion professionnelle) ou pour leurs enfants (avec la persistance des inégalités scolaires). L'ambition des socialistes dit être de rendre à chacun l'espoir et les moyens de la mobilité et de la promotion sociale. Elle doit les conduire à défendre et à réformer les services publics, indispensables outils de l'égalité.
- Les idées claires, c'est enfin placer l'avenir au cur de nos réflexions. Nous devons résolument inscrire notre démarche dans une vision prospective, en rompant avec la seule gestion du présent ou du court terme. Il n'est plus temps de donner des réponses conjoncturelles aux évolutions prévisibles de notre environnement, à celle des rapports sociaux ou encore aux mutations économiques et technologiques. Nous devons les anticiper pour les maîtriser. Ne plus regarder ce que nous devons faire au jour le jour ou sur la durée d'un mandat, mais dire comment nous intégrons, et dès maintenant, les projections à 10 ou 20 ans, les nouvelles aspirations et les nouveaux comportements de notre société. Notre regard doit par exemple se porter sur les conséquences économiques et sociales des changements climatiques prévisibles, sur les évolutions organisationnelles liées au mode de transports, sur les conséquences de la mobilité des individus dans la société de l'information.
- Les pratiques nouvelles, c'est aussi faire le choix de la priorité à accorder aux enjeux environnementaux et aux défis que la mondialisation impose à l'avenir de notre village planétaire : la protection de ressources (air, eau) qui doivent être élevées au rang de " biens publics mondiaux ", l'analyse des conséquences des modifications climatiques, la réflexion sur les évolutions démographiques, sont parties intégrantes d'un projet de gauche vivant.
Mettre en uvre une nouvelle pratique politique.
A ces idées claires, nous devons associer des pratiques nouvelles.
- Des pratiques nouvelles, c'est d'abord changer notre discours pour faire le choix de la vérité. Dire la vérité, c'est le meilleur moyen d'assurer des lendemains qui ne déchantent pas. Nous devons assumer clairement devant les Français les contraintes de l'action publique tout en réaffirmant la fidélité à nos valeurs. Oui, nous voulons garantir la retraite par répartition ! Mais comment prétendre que nous pourrons la financer sans efforts équitablement répartis entre les uns et les autres ? Oui, nous voulons garantir notre système d'assurance maladie ! Mais comment penser que nous pourrons y parvenir sans demander à chaque acteur de faire un effort de responsabilité ? Oui, nous faisons le choix de la croissance et d'une société de développement durable ! Mais à la condition d'en tirer toutes les conséquences en terme de choix économiques, fiscaux et sociaux pour prendre en compte les constats de la communauté scientifique sur les risques qu'un développement incontrôlé fait courir à l'avenir de ce monde.
- Les pratiques nouvelles, c'est ensuite réinventer notre démocratie. Non en cédant aux complaisances populistes ou démagogiques, mais en engageant une rénovation en profondeur de nos institutions qui fasse du Parlement un acteur à part entière, doté de pouvoirs de contrôle et d'évaluation renforcés. Si nous devons assumer notre choix de réduire le mandat présidentiel, nous devons également en tirer les conclusions pour éviter la dérive qui menace notre démocratie : un Président qui gouverne sans le Parlement et en dehors des partis ! De même, devons-nous faire toute leur place aux partenaires sociaux et aux associations dont le rôle doit être explicitement reconnu.
- Les pratiques nouvelles, c'est faire clairement le choix de l'intérêt général contre les intérêts corporatistes quels qu'ils soient. Il ne sera possible de redonner confiance en la politique que si ceux qui gouvernent justifient leur politique par référence à l'intérêt général, et non par l'addition des préoccupations catégorielles.
- Les pratiques nouvelles, c'est faire appel à la créativité, à l'engagement, à l'adhésion de nos concitoyens. L'ambition des socialistes doit être de garantir à chacun les moyens de son épanouissement. Il faut cesser d'opposer l'individualisme à la solidarité, pour inventer une nouvelle synthèse. Cette ambition exige aussi de changer l'approche de la politique en donnant plus de place au dialogue, à la concertation, sans l'argument d'expertise ou d'autorité.
Cette évolution suppose naturellement une approche déterminée, et courageuse de l'action à mener dans les trois prochaines années.
Pour notre part, nous ne voulons pas que le choix que nous aurons à faire entre les hommes ou les femmes capables de nous représenter pour l'échéance de 2007 occulte les choix fondamentaux que nous avons à faire pour redéfinir la nature et le contenu de notre projet.
La Gauche doit changer ! La Gauche doit innover pour porter un projet collectif adapté à notre société et à l'attente de nos concitoyens. Ceux-ci ne réclament ni un surcroît de technocratie, ni un surplus d'idéologie, mais un supplément de vérité, de courage, d'imagination. A la Gauche d'y répondre en offrant une vision, un élan, un avenir,
bref en faisant entendre une nouvelle voix !
Lettre aux adhérents du Parti Socialiste
pour tirer les leçons du 29 mai
Premiers signataires :
Gaëtan Gorce Député de la Nièvre, Jean-Louis Bianco Député des Alpes de Haute de Provence, ancien Ministre, Patrick Bloche Député de Paris, Gilles Savary Député au Parlement européen, Christophe Caresche Député de Paris, Dominique Bertinotti Maire du 4ème arr. de Paris, Didier Boulaud Sénateur-Maire de Nevers, Danielle Bousquet Députée des Côtes d'Armor, Yolande Boyer Sénatrice du Finistère, Martine Carrillon-Couvreur Députée de la Nièvre, Claude Darciaux Députée de Côte d'Or, Yves Dauge Sénateur de l'Indre et Loire, Catherine Génisson Députée du Pas de Calais, Paulette Guinchard-Kunstler Députée du Doubs, Vice-Présidente de l'Assemblée nationale, ancienne ministre, Christophe Masse Député des Bouches du Rhône, Bernadette Vergnaud Députée au Parlement européen, Philippe Vuilque Député des Ardennes …
liste complète
Le vote du 29 mai a certes traduit la colère de notre peuple face à la surdité du Gouvernement. C'est une rude sanction à l'encontre du Président de la République. Si notre pays ne sait plus où il va, c'est d'abord la responsabilité de ceux qui, aux commandes, sont incapables de lui montrer la direction. Mais ce vote est aussi un défi pour le Parti socialiste tant il révèle surtout un profond malaise chez les Français. C'est à une terrible crise d'identité qu'il nous faut répondre.
Au-delà du rappel indispensable de nos règles collectives et de la clarification qu'il implique nous devons dégager une nouvelle perspective sur la base la plus large et autour de principes clairs :
- Il faut nous défier des aventures personnelles comme de la tentation du repli sur un débat entre seuls socialistes et retrouver le sens d'un projet collectif. C'est pourquoi nous proposons aux Françaises et aux Français de gauche, dans une méthode originale, d'élaborer avec nous un projet politique mobilisateur qui, au delà du Oui ou du Non au référendum, associe tous ceux qui aspirent au retour durable de la gauche au pouvoir. A cette fin, nous proposons de préparer avant et de convoquer après le congrès, des Etats généraux de l'alternance ouverts à toutes celles et ceux qui à gauche veulent refonder un projet ambitieux et réaliste. Dans le même temps, il nous faut reprendre le chantier de la rénovation du Parti socialiste, notamment pour tirer les conséquences de la présidentialisation accrue des institutions qui perturbe désormais toutes les échéances électorales et dénature notre démocratie interne.
- Il faut entendre les inquiétudes et les doutes profonds exprimés par nos concitoyens. Le Parti socialiste a vocation à proposer une alternative sociale réelle à l'ultralibéralisme et à porter un projet pour ceux qui en sont les premières victimes. Mais il ne faut pas répondre en flattant les peurs et en promettant ce qu'on ne pourra pas tenir. Plus que jamais, nous devons, si nous voulons apporter des solutions fortes et crédibles, proposer aux Français d'affronter le monde nouveau dans lequel notre pays se trouve. A la gauche d'apporter la démonstration que les changements indispensables peuvent se faire en répondant à leurs aspirations de justice et de solidarité. C'est ainsi que, forts de nos convictions socialistes, nous devons redéfinir de manière claire et précise notre projet pour écarter les tentations de résignation, comme celles d'opportunisme et de radicalisme verbal auxquelles notre parti est régulièrement tenté de céder.
- Tirer les conclusions du référendum, c'est enfin réaffirmer immédiatement notre engagement européen par une initiative forte qui permettra de relancer l'EuroGauche face au risque désormais patent de réveil des souverainismes. Nous proposons que le PS appelle à la réunion d'une Convention du PSE pour jeter les bases d'un programme commun de la Gauche européenne et d'une relance de l'Union. Nous ne laisserons pas s'installer l'illusion que la France comme la Gauche pourraient tourner le dos à l'Europe sans renier leurs valeurs.
Dans cette période de turbulences, nous invitons toutes celles et tous ceux qui souhaitent rester fidèles à leur engagement européen et veulent promouvoir un socialisme résolument ouvert, démocratique et écologiste à nous rejoindre pour faire entendre cette nouvelle voix dont la gauche a besoin !
Si vous souhaitez rejoindre les premiers signataires de cette lettre, vous pouvez le faire en nous envoyant un mail, en nous précisant vos nom, prénom, et, s'il y a lieu, vos responsabilités au sein du PS et/ou vos mandats électifs